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dimanche 22 août 2010

Les articles d'Alain Rey sur Voie militante : Des journalistes qui violent la Charte SNJ de 1918 !


Des journalistes qui violent la Charte SNJ de 1918 !
Par Alain Rey • 13 oct, 2008 • Catégorie: Médias “Urgentiste, Histoire d’un lynchage”, un article du journaliste Simon Marty , à lire assurément
dans la dernière livraison de Marianne.
Quels sont les faits ?
Le 27 septembre dernier une personne de 87 ans est victime d’un malaise cardiaque et ne respire plus depuis 75 minutes, après l’intervention d’un médecin et des pompiers le SAMU prévenu à son tour ne peut que constater le décès. Fin de l’histoire ? Non, début d’un délire qui porta préjudice à un honnête homme et se terminera, dans quelques mois, devant les tribunaux.
La personne décédée, fut victime d’un gasp, réflexe nerveux de la mâchoire sans rapport avec un signe de vie, le médecin urgentiste lui referma la bouche, ce qu’une infirmière prit pour un acte létal et le délire commença, plainte de l’hôpital contre le médecin, qui fut interpellé à 6h15 et placé en garde à vue, comme le reconnaît avec courage et raison Monsieur Simon Marty, “Un médecin accusé de crime : du pain bénit pour la presse“, ce fut un lynchage en règle qui n’a cessé qu’à raison du sérieux du juge en charge de l’affaire qui, conformément aux usages de son métier s’informa soigneusement avant de prendre une décision.
Comment expliquer une telle affaire qui fait penser aux pogroms lancés, en d’autres temps, sur un simple “Hep ! Hep ! Juden ! ”
Pour répondre à cette question il convient de se reporter au remarquable livre de Dominique Jamet (Le père de notre camarade Marc-Antoine ! )


 “Carte de presse”, qui en page 197, reproduit le texte de la Charte des devoirs professionnels des journaliste français, élaborée en 1918 par le Syndicat national des journalistes français. Il y est dit qu’un journaliste digne de ce nom tient la calomnie, les accusations sans preuve, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge, pour les plus graves fautes professionnelles il y est aussi dit qu’un journaliste ne doit pas user de la liberté de la presse dans une intention intéressée.
Pour ne pas interférer dans une affaire pénale en cours d’instruction pour dénonciation calomnieuse et diffamation, nous prendrons comme support à notre réflexion le cas célèbre du suicide de Roger Salengro, à la suite de la campagne de presse menée, avec un rare acharnement, à son encontre par le journal Gringoire.

Pour nuire à l’honneur et surtout à l’action politique du Ministre de l’intérieur du Front Populaire Roger Salengro, le journal Gringoire prétendit, dans ses colonnes, en août 1936 que Roger Salengro avait été condamné à mort par contumace, pour désertion par un conseil de guerre en 1916, accusation très grave qui, à l‘époque, ne pouvait qu’heurter la sensibilité des lecteurs de ce journal. Le Ministre de l’intérieur un lâche, un traître, en ces temps de grève générale voilà qui ne pouvait que scandaliser ce qu’à l’époque on nommait la petite bourgeoisie et non la classe m oyenne.
Certes, la plus élémentaire réflexion fournissait une réponse simple à ces accusations, si elles avaient été vraies, Roger Salengro aurait immédiatement été arrêté par les fonctionnaires de ses services pour être transféré de la place Beauvau à la Santé, avant un nouveau procès, puisque telle est la règle pour un contumax.
Depuis l’antiquité la preuve d’un acte qui n’existe pas a été qualifiée par la doctrine juridique de “Probatio Diabolica”, preuve diabolique ou impossible, comment Roger Salengro pouvait il prouver qu’il n’avait pas fait l’objet de poursuite puisqu’elle n’avait jamais eu lieu ?
Jamais Gringoire ne publia une copie certifiée prouvant ses allégations à l’encontre de Roger Salengro !
Un simple réflexe citoyens pouvait pourtant éviter aux lecteurs de Gringoire d’être abusés il suffisait qu’ils se posent cette simple question : “Qui Parle ?” en l’espèce “Qui accuse ?” La réponse donnait la juste valeur des propos diffamatoires de Gringoire à l’encontre de Roger Salengro.
Le directeur de Gringoire était le député de droite Horace de Carbuccia, gendre du Préfet de police Jean Chiappe, qui fut privé de son poste en 1934 à raison de ses sympathies pour les ligues d’extrême droite.
CQFD !
Un député fasciste qui attaque le Ministre de l’intérieur du Front Populaire, ami de Léon Blum, pour venger son gendre ! Un honnête homme n’avait pas à chercher plus loin pour donner leur juste valeur aux propos de Gringoire sur Roger Salengro, dont le seul tort fut d’être en réalité un soldat exemplaire qui, avec l’accord de ses chefs, avait certes franchi les lignes ennemies, mais pour se porter au secours d’un de ses camarades de tranchée !
Salengro, un héros et non un traître telle était la vérité que Gringoire voulait cacher à ses lecteurs et que le suicide de Roger Salengro le 17 Novembre 1936 révéla à la France entière !
Ce qui permit à Léon Blum (celui qu’il fallait abattre d’une balle dans le dos, disait Maurras) d’accentuer son action répressive contre les ligues fascistes.
“QUI PARLE ?!” c’est à n’en pas douter la question à se poser quand des “bons citoyens” (selon le vocable en usage dans les dénonciations lors de l’occupation), diffament des honnêtes hommes qui n’ont rien fait d’autre que d’accomplir leur devoir de citoyen.

Tags : Libertés, Médias, Médias
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