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vendredi 10 septembre 2010

Les articles d'Alain Rey sur Voie militante : Schivardi et Filoche, coupables d’être des Tribuns de gauche !

Schivardi et Filoche, coupables d’être des Tribuns de gauche !

Par Alain Rey • 31 jan, 2009 • Catégorie: Soutien
Chacun sait dans l’Eure, que, correspondant pour ce département de Démocratie & Socialisme, la revue animée par Gérard Filoche, je ne suis pas, comment dire… l’un de ses ennemis politiques. D’autant, qu’ès qualité de membre du Parti Socialiste, j’ai présenté à Evreux, lors d’une réunion Fédérale, la contribution au Congrès de Reims dont Gérard Filoche était le premier signataire.
Aussi, ne suis-je pas indifférent aux désagréments judiciaires auxquels Gérard Filoche est confronté, dans le cadre de sa mission d’inspecteur du travail, après plus de trente ans d’exercice de ce métier et à six mois de la retraite, lui qui s’est tant battu pour les retraites des autres avait pourtant bien droit au repos !
Soutenir Gérard Filoche
Soutenir Gérard Filoche
Que reproche-t-on à Gérard ? D’avoir exercé avec conscience sa tâche, en exigeant qu’une société parisienne de la Rue de la Paix (la Rue des “Grands” bijoutiers et des montres de prix !), ne détourne pas la loi au détriment d’une salariée qui, d’origine maghrébine, s’était vue refuser sa réintégration dans son ancien poste au retour de son congé de maternité et qui finalement, après moult harcèlements, a été licenciée dans des conditions qui ne respectaient pas le droit du travail.
Gérard Filoche a fait son travail et son seul tort est peut être, est sûrement, d’avoir cru en sa mission.

L’article 81 de l’OIT

Pour notre camarade Filoche, l’article 81 de l’OIT, qui précise que les inspecteurs du travail sont indépendants n’est pas un vain mot. Or, Gérard, qui a dans sa bibliothèque les œuvres complètes de Lénine et de Trotski, sait comme moi – mieux que moi – qu’en ce monde, les lois ne sont que des chiffons de papier face aux intérêts des détenteurs des moyens de production.
Le temps n’est plus, où au lendemain de la sécession de la plèbe sur le mont sacré (493 avant J-C ), la République Romaine créa la fonction de Tribun de la Plèbe, c’est à dire de représentant du peuple. Fonction interdite aux patriciens (membres de “l’Aristocratie Romaine”) et qui conférait à son titulaire le pouvoir de s’opposer à toutes décisions des autres Magistrats Romains !
Hélas pour Gérard, l’article 81 ne protège pas aussi bien les inspecteurs du travail que l’inviolabilité tribunitienne dont jouissaient les Tribuns de la plèbe.
Notre société nourrie de la morale chrétienne, comme aiment à le croire les instances de la Communauté Européenne, est plus dure au peuple que l’antique société païenne, qui, à Rome, avait plus que nous le culte du respect du droit.
Gérard sera donc, sur la foi de témoins “maison” traduit en correctionnelle pour entrave au Comité d’Entreprise “maison” de cette société. Très bien , on en parlera. Il sera relaxé et, au final, les inspecteurs du travail verront leur action facilitée par cette ultime combat pro domo de Gérard Filoche, qui pourra prendre sa retraite en paix.
Je pourrais arrêter là ce billet, ce qui ne déplairait pas à Denis qui, pour une fois, n’aurait pas à craindre soixante commentaires de lecteurs indignés par ma liberté de ton. Chose curieuse, j’ai même un jour relevé la présence d’un individu titulaire d’une carte de journaliste honoraire parmi ces censeurs… et bien non ! Je continue ! ET je donnerai donc à ce billet la forme d’une “Vies parallèles des Tribuns illustres”.

Vies parallèles des Tribuns illustres

Soutenir Gérard Schivardi
Soutenir Gérard Schivardi
Cette volonté de faire taire – écrivons le de TUER – les Tribuns du peuple en notre vingt-et-unième siècle encore naissant ne s’arrête pas aux inspecteurs du travail, accessoirement “patron de presse” (D&S est entrain de sauver de la faillite son imprimeur ! ). Elle touche évidemment les élus. Un autre cas suscite moins de soutiens que celui de Gérard Filoche (16000 signatures !), et en particulier de la part des élus des partis de la gauche dite de gouvernement (“dite”, car cela fait sept longues années qu’elle ne gouverne plus !). Certes, le cas est pour un élu socialiste ou pire encore pour un élu communiste difficilement défendable : il s’agit de Gérard Schivardi, l’un des quatre secrétaires nationaux du Parti Ouvrier Indépendant, jeune formation qui en août dernier a succédé au Parti des Travailleurs. Schivardi, cet ancien candidat “des Maires” à l’élection présidentielle, a eu le mauvais goût de se faire réélire par 62 % de ses concitoyens pouvant voter, c’est à dire citoyens et non sujet de la République, au poste de conseiller Général de Ginestas, canton de l’ Aude (Languedoc-Rousillon).
Or ce type dangereux qu’est cet autre Gérard, a fait une campagne de terrain, de militant. Chez lui les réunions de 4000 personnes pour entendre la grande prêtresse bouclée, à chasuble bleu entonner de sa voix de crécelle FRA-TER-NI-TÉ, on connaît pas ! Ginestas n’est pas le quartier latin, où le Noble Faubourg Saint-Germain, juste un coin de France. Alors c’est vrai : pas de mandataire financier (pour quoi faire ?). Gérard Schivardi a osé payer de sa poche – oui de sa poche -  et non faire payer sa campagne par une société travaillant dans son canton qui y aurait gagné un juteux contrat avec le département de l’Aude. Non ! Sur ses deniers, Gérard Schivardi a réglé son imprimeur (les Tribuns aiment bien les imprimeurs !) pour un montant de 223 euros et 45 cents !
Devant l’ampleur astronomique de cette somme, mon journaliste honoraire, censeur d’active, va s’esbaudir et citer, je n’en doute pas, le numéro 1897 du Point, (22 janvier 2009  page 15) où il est dit à propos de Julien Dray que son train de vie luxueux ne correspond pas à ses modestes revenus d’élu du peuple (12500 euros PAR MOIS ! )
Le commissaire du gouvernement près le Tribunal administratif de Montpellier demanda aux juges de ne pas déchoir de son mandat Gérard Schivardi et de ne pas le condamner à une peine d’inéligibilité à raison de sa bonne foi et de la faible importance de la somme en cause. Mais, devant la dangerosité de Gérard Schivardi, qui a parfois des accents à la Marcelin Albert, pour l’exemple, les juges de la bonne ville socialiste de Montpellier en décidèrent autrement et le Conseiller Général de Ginestas ne peut plus compter que sur la sagesse (réelle !) du Conseil d’Etat pour continuer sa mission tribunitienne.

État de droit ?

Pour conclure, peut-on encore considérer que la France est un Etat de droit, alors que, dans les procès politiques, bon nombre de décisions des différents ordres de juridiction sont rendues en fonction de “la dangerosité sociale du délinquant” , c’est-à-dire de sa capacité à se faire entendre pour aider les plus faibles et dénoncer les errements d’une société dans laquelle le travail n’est rien mais la naissance est tout.
À cette question ma réponse est : NON !

Pour soutenir Gérard Schivardi :

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Autres éclairages

Crédit photo : La Brèche
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