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dimanche 13 juin 2010

Vernon, 8 Juin 1940, 8 Juin 2010 ou quand la bêtise des hommes achève de détruire ce que la Luftwaffe avait épargné

Le devoir de mémoire oblige t'il à commémorer  le moindre fait du passé ? Certes non !

À titre d'exemple, le premier Juin 1810 revenant d'un voyage d'inspection en Belgique, l'Empereur (Napoléon 1 er) après une équipée d'un mois (qui le fit passer par Compiègne, Valenciennes, Bruxelles, Anvers, Middelburg, Ostende, Dunkerque, Le Havre, Rouen) s'arrêta à Louviers, de 13 à 15 heures (à l'époque on disait encore de une à trois heures de l'après-midi),  puis à 16 heures 10 à Vernon.
Guère plus que le temps nécessaire au Maître des postes de Vernon (Monsieur Charité) pour assurer le relais (remplacer les chevaux fourbus par des chevaux frais)  afin de permettre aux six carrosses impériaux et royaux de continuer leur route jusqu'au palais de Saint Cloud, lieu cher à l'Empereur de la République et qui fut celui du Coup d' État du 18 Brumaire !
En dépit des deux arcs de triomphe que les vernonnais avaient édifiés pour cette brève traversée Impériale de la "bonne ville" de Vernon,  qui s'en souvient ?

Qui serait assez cuistre pour commémorer en tenue d'époque ce non fait historique...bien heureusement personne à Vernon !

Photo souvenir de la commémoration, le premier juin 2010, du passage à Louviers de l'équipage de l'Empereur Napoléon 1er en cette ville, deux cents ans auparavant.

En revanche, "le samedi  8 juin 1940 alors que le marché hebdomadaire battait son plein et que les rues ainsi que les places se trouvaient encombrées par les réfugiés fuyant devant l'envahisseur"(In Histoire de Vernon-sur-Seine...Giverny et d'alentour,1982, Michel de Decker) la Luftwaffe bombarda Vernon.
 Qui peut imaginer ce que fut ce Crime de Guerre, si enfant il ne lui a pas été raconté avec émotion par ses cousins Soret de Vernon ?
Les Stukas lâchant leurs bombes incendiaires sur les maisons à pans de bois du centre ville (même si la plupart étaient recouvertes d'un enduit de plâtre plus ou moins écaillé ) les gémissements des bêtes du marché, les cris, le sang,  la peur ! La Guerre dans toutes son horreur, un massacre que rien ne justifiait, sauf la volonté de répandre la terreur non pour vaincre, mais pour anéantir l'ennemi !
L'exemple même de la barbarie nazie !

Qui le 8 Juin 2010 songea  à ce martyre de notre Ville de Vernon ?



Une commémoration simple et digne aurait eu sa juste  place pour le soixante-dixième anniversaire de ce massacre de civils.

 Las, cet hiver j'ai pu constater avec colère, je le reconnais bien volontiers, que l'actuelle municipalité de Vernon prenait le prétexte de la chute, sous l'effet du froid, en quelques points, d'une infime part de l'enduit recouvrant les rares ruines du mur d'enceinte  du  Vieux Château de Vernon
 (lieudit à Vernon de la Tour des archives, le donjon royal du château en réalité) pour que ce lieu de mémoire, épargné par les hordes de Goering, fût "cadenassé" sans raison autre que l'inintelligente volonté de faire croire aux Vernonnais que les précédents édiles de Vernon avaient mis leurs vies en danger en bâtissant en cet endroit préservé un "Jardin des Arts",  certes imparfait.
 Qui n'a été choqué par ses "fontaines" réalisées par les services de la Ville et qui ressemblent plus à des bouches d'eaux ouvertes pour nettoyer des égouts qu'aux légendaires fontaines du Château de Bizy, mais "Jardin du vieux château" qui a le mérite d'exister et d'être une tentative de préserver ce que la deuxième guerre mondiale avait épargné du patrimoine millénaire de Vernon !








Le Jardin des arts lors de sa création :


Le même après son "cadenassage":

Le "dangereux"  "écroulement" de l'enceinte du Château de Vernon :



                                                          





Des monuments du Vernon médiéval, il ne reste donc plus d'accessible que la Collégiale de Vernon




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1 commentaire:

  1. Bonsoir j'ai parcouru avec intérêt le site et j'approuve la remarque justifiée concernant le peu de volonté attribué au souvenir de ce jour damné du 8 juin 1940;
    Mon Père Jean Contoli ,engagé volontaire en 1939 fut parmi les victimes lorsque l'aviation nazie bombarda le casernement proche du passage à niveau.
    J'avais deux ans, mon Père m'a toujours manqué.
    Chaque année jusqu'à le milieu des années 70 ,je me rendais sur sa tombe comme un pèlerin le ferait à Lourdes ou ailleurs.....
    Vers 1976,la Mairie de Vernon m'a adressé un courrier me signifiant l'exhumation et la suppression des tombes militaires et civils , connus et inconnus !!!
    Les autorités m'ont proposés soit de récupérer les restes de mon Père ,soit d'accepter un regroupement des tombes pour les transférer à Fleury les Aubrais dans un cimetière Militaire.Cette dernière option fut celle choisie.J'aurais préféré qu'il reste à Vernon perdre la vie pour des valeurs méritait je pense que l'on inscrive et perpétue le sacrifice dans l'histoire de Vernon.
    Cordialement, Attilio Contoli.

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